Ici, on fume « national »

L'accès des "tabacs nationaux" est interdit aux moins de 18 ans. Crédit photo : Origo.hu

L’entrée des « tabacs nationaux » est interdite aux moins de 18 ans. Crédit photo : Origo.hu

Vendre du tabac en Hongrie ? C’était simple, jusqu’à ce que le gouvernement impose une licence et attribue des concessions selon son bon vouloir, de préférence à des proches et à des sympathisants. Pour survivre, les débitants indépendants doivent quémander le précieux sésame. Ou fermer boutique.

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Le football hongrois ne tourne vraiment plus rond

Les supporters hongrois y compris les plus fidèles, commencent à ne plus vraiment croire en leur équipe.

Les supporters hongrois, y compris les plus fidèles, commencent à ne plus vraiment croire en leur équipe nationale.

Depuis le fiasco de 2010, la France a mal à ses Bleus. Mais la Hongrie, autre astre éteint du ballon rond, est aussi en pleine crise de confiance. Zoom sur son déclin.

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Lundi matin

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J’ai encore râlé en regardant l’heure du réveil : 6h45. Plein jour. Comme à deux heures de l’après-midi. Et ce soir, il fera nuit à 16 heures. Fait chier, l’hiver hongrois.

J’ai encore allumé Télématin via TV5 Monde pour prendre ma dose de français. William Leymergie toujours fidèle au poste. Et moi, toujours zombie dès potron-minet.

J’ai encore constaté l’implacable domination du jambon, du salami et de la crème de fromage sur les yaourts, le jus d’orange et la confiture dans le frigo.

J’ai encore réuni des affaires dans deux sacs Ikéa parce que le déménagement à dix minutes de chez mes « beaux-parents » en bus n’est pas fini. On me prend pour un rom.

J’ai encore un aller-retour à faire parce que je n’ai embarqué que mon ordinateur et celui de ma copine, esclaves de l’écran que nous sommes. Asus de mes deux.

J’ai encore expérimenté la grisaille pestoise et l’immanquable absence de relief sur fonds de bruits d’ambulance. On se croirait à Paris ou en Lorraine. Pardon aux concernés.

J’ai encore marmonné un « jo napot » (bonjour) à un inconnu en montant dans l’ascenseur et à une employée d’un Spar pour être poli. On m’a répondu « hello ». Comme un pote.

J’ai encore galéré à ouvrir la porte de chez nous parce ces foutues serrures résistent comme un Hongrois de l’Est par – 20 degrés au mois de janvier. Frustration maximale.

J’ai encore admiré la vue sur les tours et le quartier d’Ujpest-Központ que l’on a depuis notre salon perché au 9ème étage. Au loin, le Danube. 10/10 chez l’oculiste indispensable.

J’ai encore regardé la taille de la TV qui fait un bon mètre et qu’on a eu pour, disons, 160 euros. Neuve, elle en vaut 500. Même ici. Avec des SMICS à ce niveau-là. Hum.

J’ai encore jeté un oeil sur ma XBox 360 trônant fièrement au milieu du salon, le séant posé sur notre canapé blanc. PES 2014, NHL 11, NBA2K12, GTA V, j’arrive !

J’ai encore inventé quelque chose de très sain : le sandwich pain au fromage-charcuterie-crème de fromage, fondue après une minute au micro-ondes à 600 degrés. Bon appétit.

J’ai encore constaté l’impuissance de la gauche contre l’indétrônable Viktor Orban. La réélection est dans la poche en avril. Sauf énorme catastrophe. No comment.

J’ai encore montré ma carte de transports BKK aux contrôleurs postés à l’entrée du métro. Valideur TBC, TAG, STAN, TCL, RATP, ici, on connaît pas.

J’ai encore vu l’équipe de France perdre. Cette fois, avec des Hongrois bourrés et aux anges qu’on se fasse démonter par l’Ukraine, un de leurs chers voisins.

J’ai encore acheté « Le Monde week-end » à 850 forints (3 euros) ce samedi. Avec les suppléments mais sans le magazine. Apparemment, c’est trop demander.

J’ai encore fait une escale junk-food à McDo. Parce que mon estomac, le pauvre, est en pleine métamorphose. Et mon transit en est témoin.

J’ai encore découvert un plat typiquement local : le steak-tartare façon Nutella ou Saint-Moret sur son pain grillé. Une boulatche hyper roborative.

J’ai encore traîné mes fesses dans un centre commercial. Un dimanche. Tout était ouvert. Sauf la pharmacie. La Hongrie, c’est 100 % Plan-de-Campagne.

J’ai encore bu des pintes pas chères ce week-end. Tarif maximal : 500 forints, soit 1,60 euros. Goût : très correct avec une bonne dose de reviens-y. Fastoche d’être pilier de bar.

J’ai encore contacté quelqu’un pour un papier. Mon premier vendu. Sur l’Aube Hongroise. Un parti d’extrême-droite. Qui gueule beaucoup mais ne fait rien. Plaisir coupable.

J’ai encore plié deux-trois revues françaises dans ma veste pour les lire. Aujourd’hui, ce sera SoFoot et Neon. Demain, Technikart et Snatch. Et ainsi de suite.

J’ai encore remarqué un autocollant de la Grande Hongrie (Slovaquie, Croatie, Serbie, Roumanie incluses) sur le cul d’une voiture. Irrédentisme à 4 roues, bonjour.

J’ai encore apprécié la politesse des hongrois, qui te laissent descendre du bus, du tram jaune ou du métro AVANT de monter. Le « pousse-toi, connard » me manquerait presque.

J’ai encore reniflé l’odeur d’Air Wick simili-citronnée laissée par la locataire précédente et qui embaume le 35m2 où nous vivons à chaque fois que je franchis la porte d’entrée.

J’ai encore zieuté les marmots qui s’amusent à la récré dans l’école juste en dessous de notre immeuble. Leurs enfances s’épanouissent, la mienne s’en va en devenant locataire.

J’ai enfin décidé de commencer ce blog. Bon lundi.